Le gouvernement presse les assureurs de réduire les délais

Après les banques, voici venu le temps des sociétés d’assurance. Le ministère des Finances a ordonné aux assureurs de régler les dossiers des souscripteurs de réduire les désormais les délais de réponse à un maximum de 21 jours.

Dans une note publiée sur son site Internet, le ministère des finances affirme être, de plus en plus, destinataire de « requêtes émanant des assurés réclamant le règlement de leurs dossiers sinistres, tout en faisant état des retards importants que connaît le traitement de ces dossiers ».

Le ministère de tutelle a demandé aux compagnies d’assurances de réduire le délai d’indemnisation des sinistres liés aux risques simples, particulièrement en matière d’assurance automobile qui constitue toujours la plus grande part de l’activité des sociétés d’assurances dommages.

Le ministère déplore le fait que ces requêtes ne sont pas traitées, par les compagnies d’assurances concernées, « avec diligences nécessaire ».

Le département de Aymen Benabdarrahmene estime que « pour les sociétés d’assurances, cette situation est symptomatique de dysfonctionnements persistants qui altèrent la qualité de leurs services ».

Pour remédier à ces dysfonctionnements, le ministère des finances a également exigé des compagnies d’assurances de réduire « les délais de recours inter-sociétés d’assurances ».

Il a également appelé les sociétés d’assurances à adopter des dispositifs de contrôle interne et d’évaluation en vigueur au sein de ces sociétés, pour veiller au respect des procédures codifiées.

Le ministère a aussi appelé les sociétés d’assurances à améliorer la qualité de l’information mise à la disposition de la clientèle, au niveau des agences et des sites internet.

Depuis quelques années, le secteur des assurances vit une véritable crise. En plus de l’absence d’un arsenal juridique incitatif, de nouvelles taxes instaurées l’année dernière mettent en difficulté ces sociétés. Selon Hacen Khelifati, patron de Alliance Assurances, pluseiurs facteurs ont gêné la progression du secteur. Il a cité entre autre l’instauration de la collecte de la taxe sur la pollution dans la loi de finances 2020 à la charge des assureurs et qui a lourdement impacté le chiffre d’affaires du secteur. Il y a, aussi, le tarissement du marché des véhicules neufs, ainsi que la réduction des marchés publics d’équipements et d’investissements. Au-delà des dysfonctionnements dont souffre le secteur et qui sont toujours en attente de prise en charge sérieuse, la pandémie a également eu un impact sur le chiffre d’affaires du secteur », a-t-il indiqué dans une récente interview. A cause de ces facteurs, la perte était estimée à « 12 milliards de dinars à fin septembre 2020, mais le plus grave, ce sont les créances impayées, dont une bonne partie sera difficilement recouvrable, et qui cumulent 68,5 milliards de dinars, soit un montant qui dépasse les 50% du chiffre d’affaires annuel. » Il indiquera que « les créances ont atteint un niveau plus qu’alarmant, qui risque de mettre en faillite le secteur, surtout à la suite des difficultés financières et de trésorerie que vivent les entreprises à cause de la crise financière et des effets de la crise sanitaire ».

Said Sadia

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